La Grande Roumanie en 1920

Carte de la Grande Roumanie en 1920

La carte historique de la « Grande Roumanie » en 1920 du cartographe Cap Carto a été réalisée pour être publiée dans le livre « Paul Berge, de Perpignan à la Roumanie : Itinéraire d’un officier français 1914-1917 » de Françoise Drausin, édition Balzac Editeur . Racontant l’histoire d’un soldat français lors de la première guerre mondiale, ayant combattu en Roumanie, il était important pour l’auteur d’y intégrer des cartes pertinentes. C’est pourquoi, la carte de Cap Carto représente les provinces du Royaume de Roumanie, ainsi que celles rattachées en 1920. Elle nous indique également la ville principale de chaque province, comme le souhaitait l’auteur.

Le Royaume de Roumanie avant 1918

La carte historique de la « Grande Roumanie » en 1920 nous indique les provinces du Royaume de Roumanie avant 1918. Ainsi, après la Première Guerre Mondiale, le Royaume de Roumanie se voit réduit à la Valachie et la Moldavie. Les villes principales de chacune d’elles sont respectivement Bucarest et Iași.

En effet, les forces roumaines résistèrent aux forces austro-hongroises lors de la bataille de Mărășești (carte historique des combats de l’été 1917 en Roumanie du cartographe Cap Carto). Cependant, après la Révolution russe, les troupes russes abandonnent le front de l’Est. C’est pourquoi, la Roumanie doit signer le traité de Bucarest de 1918. Elle accepte de ce fait l’occupation d’une partie du pays par les Empires centraux. En avril 1918, la république démocratique de Moldavie, proclamée en Bessarabie en décembre 1917, fait le choix de s’unir à la Roumanie. Les provinces de la Valachie et de la Moldavie forment ainsi la Roumanie.

Cependant, en 1917, de nombreux Roumains vivent dans les territoires voisins de la Roumanie. Ils revendiqueront leur appartenance à la Roumanie et leur souhait de rattachement à ce pays.

Le rattachement de la Transylvanie, de la Bucovine et du Banat

La carte historique de la « Grande Roumanie » en 1920 nous montre que la Transylvanie, la Bucovine et le Banat furent rattachés à la Roumanie. En effet, après la victoire des alliés en 1918, les « Quatorze points » du Président américain Woodrow Wilson imposent en Europe le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Depuis 1878, les Moldaves de la Bucovine souhaitaient leur rattachement à la Roumanie.

La Transylvanie et la Bucovine

C’est dans ce contexte que la Transylvanie et la Bucovine votent leur rattachement à la Roumanie. La population de cette dernière passe ainsi de 7,77 à 14,67 millions d’habitants. En 1919, le traité de Saint-Germain-en-Laye reconnaît cette unification. Etant président de la commission de l’Entente, le géographe français Emmanuel de Martonne traça la nouvelle frontière entre la Hongrie et la Roumanie. Mais, la Hongrie n’accepte pas ces nouvelles frontières. Des tensions se créent. Au printemps 1919, le gouvernement bolchévique hongrois tente de récupérer la Transylvanie. Ce gouvernement est vaincu par les armées roumaines, serbes et tchécoslovaques.

Le Banat

Au Banat, les conseils nationaux des Roumains locaux et leur député Sever Bocu de Lipova proclament leur union avec la Roumanie. Les délégations Alliées et Américaines font une évaluation de la situation sur place. Cela permet à la Serbie et à la Roumanie de convenir d’un accord. Elles partagent le pays en fonction de critères démographiques : soit deux tiers pour la Roumanie et un tiers pour la Serbie. La capitale Timișoara est donc attribuée à la Roumanie. Un rôle majeur est joué par la commission « Lord », composée de géographes et historiens, tels que Robert Seton-Watson, Emmanuel de Martonne et Ernest Denis. Ils tracent la frontière entre la Roumanie et la Serbie. C’est ainsi que la partie nord-est du Banat fut rattachée à la Roumanie (le Krassó-Szörény/Caraș-Severin en totalité, 2/3 du Temes/Timiș, et une petite partie du Torontál), alors que la partie sud-ouest fut attribuée au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (future Yougoslavie).

Le Traité de Trianon

Finalement, le Traité de Trianon officialisa le rattachement de la Transylvanie, la Bucovine et la moitié orientale du Banat à la Roumanie. Certains autres territoires de la Hongrie orientale furent également rattachés à ce pays. Faisant partie de la commission internationale, le géographe Emmanuel de Martonne traça la nouvelle frontière.

Dans l’entre-deux guerres, la Bucovine fut également appelée « Douce Bucovine » par ses habitants, grâce à son ambiance multiculturelle et tolérante.

Le rattachement de la Bessarabie et de la Dobroudja

La carte historique de la « Grande Roumanie » en 1920 nous indique que la Bessarabie et la Dobroudja furent rattachées à la Roumanie après 1918.

La Bessarabie

En effet, durant l’été 1917, la majorité de la population de la Bessarabie procède à l’élection de députés d’un Parlement qui déclare leur autonomie, puis leur indépendance. La Bessarabie devient la République démocratique moldave (soulignant son identité avec la Moldavie (Roumanie)). En pleine révolution russe, la République démocratique moldave doit défendre son indépendance et doit faire appel à des renforts : la Mission française Berthelot et la 11e division roumaine. En mars 1918, le Parlement moldave décide l’union du pays au Royaume de Roumanie, à cause des attaques des bolcheviks qui tentent de l’envahir. Grâce à cette décision, le pays échappe à l’occupation allemande et à la guerre civile russe. C’est ainsi que la Bessarabie fut rattachée à la Roumanie. Ce rattachement permit à cette province de la « Grande Roumanie » de voir sont réseau scolaire se développer, ainsi que la mise aux normes européennes des voies ferrées.

La Dobroudja

A l’issue de la guerre russo-turque de 1877-1878, la Dobroudja fut divisée en deux partie : la Dobroudja du Nord et la Dobroudja du Sud. Cette région est revendiquée par deux pays alliés : la Roumanie et la Bulgarie. Ces derniers sont d’accord pour un partage. Cependant, les Roumains et les Bulgares étant mélangés sur l’ensemble de ce territoire, il est difficile de déterminer la localisation de la frontière. Cependant, il est remarqué qu’il y a plus de Roumains au Nord qu’au Sud. C’est pourquoi, une commission austro-allemande attribue à la Roumanie les deux tiers nord et à la Bulgarie le tiers sud. En 1913, la Roumanie prend la Dobroudja du Sud à la Bulgarie, par le premier traité de Bucarest. La Bulgarie reprend une partie de la Dobroudja du Nord durant la Première Guerre Mondiale. Le reste sera annexé lors du second traité de Bucarest.

Enfin, en novembre 1918, la paix permet le rattachement de toute la Dobroudja (Nord et Sud) à la Roumanie.

La « Grande Roumanie »

Dans l’entre-deux guerres, le Royaume de Roumanie eut comme nom informel la « Grande Roumanie ». Elle s’étendait sur 295 049 km2 et fut la plus grande extension qu’ait connue le pays. Le processus d’unification commença en 1859 et se termina le 1er décembre 1918. Elle fut considérée comme l’aboutissement de l’émancipation des roumanophones, comme groupe social et politique. Elle dura presque 22 ans, de 1918 à 1940.

 

 

 

 

 

 

Compétences

Posté le

31 janvier 2022